Bulletin de liaison #14 - Hiver 2019

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Quelques mots

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POLLINIS renforce son équipe !

SECRET DES AFFAIRES

POLLINIS au procès aux cotés du Monde

NOS COMBATS

Vos signatures aux pétitions nous confèrent la légitimité indispensable qui nous ouvre les portes des représentants politiques. Vos dons garantissent à POLLINIS la totale liberté d'action et de parole dont nous avons besoin pour faire pression efficacement sur les décideurs politiques. 

JE SOUTIENS POLLINIS

► faire pression sur les responsables politiques et alerter l'opinion publique sur le scandale des pesticides SDHI, cette bombe à retardement présente dans nos sols, nos assiettes, et l'air que nous respirons ;

► s'assurer que l'interdiction en France de tous les pesticides ayant le même mode d'action que les néonicotinoïdes soit réellement appliquée et de façon pérenne malgré la pression des lobbys pour que le décret d'application ne sorte pas ;

faire ressortir toutes les contradictions et les faiblesses du système européen d'homologation des pesticides pour pouvoir s'opposer efficacement aux nouveaux tueurs d'abeilles à venir ; 


Association indépendante et sans but lucratif qui se bat pour la protection des abeilles et des pollinisateurs sauvages en militant notamment pour un modèle agricole sans pesticide en Europe. POLLINIS repose entièrement sur les dons de citoyens engagés comme vous dans ce combat vital et ne reçoit aucun financement de gouvernements ou d'organisations professionnelles pour pouvoir conserver son indépendance absolue vis-à-vis de tout pouvoir économique ou politique. L’association POLLINIS a pour éthique de ne pas échanger ou commercialiser les coordonnées de ses membres, votre email ne sera donc utilisé que dans le but de vous tenir au courant des actions de POLLINIS. Si vous souhaitez vous désinscrire de notre liste de diffusion, il vous suffira d'envoyer un e-mail à contact@pollinis.org en mentionnant "Désinscription" comme objet de votre message. Si vous souhaitez d'avantage d'informations sur POLLINIS, vous pouvez visiter le site Internet www.pollinis.org ou nous écrire à contact@pollinis.org

Merci aux 20 000 donateurs qui nous permettent d'agir au quotidien 
pour sauver les abeilles et les pollinisateurs, 
et aux 1,4 million de citoyens engagés aux côtés de POLLINIS

« Tests abeilles » : première victoire ! Grâce à notre mobilisation, le Parlement européen recadre la Commission !

ACTION EN COURS

Branle-bas de combat face 
aux dangers des pesticides SDHI

Alors que la Commission européenne a fait passer cet été un texte voulu par les firmes de l’agrochimie qui enterrait les principaux « tests abeilles », POLLINIS a alerté les citoyens et réussi à mobiliser les parlementaires pour sauver ces protocoles qui pourraient empêcher la présence de pesticides tueurs d'abeilles sur le marché et dans nos champs. Opération réussie : les députés européens viennent d'imposer un veto à la Commission et lui demandent de revoir sa copie ! 

Devant l’urgence environnementale, l’obsolescence manifeste des tests actuels d’homologation qui ont permis la mise sur le marché des SDHI, et l’inertie coupable des autorités, POLLINIS met tout en œuvre pour alerter les citoyens et obtenir une interdiction de ces fongicides utilisés aujourd'hui à grande échelle.

Depuis l’alerte lancée en 2018 par des scientifiques de l’Inserm, de l’Inra et du CNRS sur les risques posés par les pesticides SDHI pour la santé humaine, les autorités sanitaires se contentent de publier des avis lénifiants. Pourtant, tout porte à croire que ces molécules omniprésentes sont une bombe à retardement.

Utilisés sur presque toutes les surfaces de blé tendre et d’orge d’hiver, et sur les cultures de tournesol, colza, les fruits et les légumes, les SDHI font partie des molécules les plus communément retrouvées dans nos aliments.

INFORMER ET MOBILISER 
DE TOUTE URGENCE
POLLINIS a décidé d’agir. L'association a lancé cette annéune vaste campagne d’information avec notamment une vidéo-interview des chercheurs Pierre Rustin et Paule Bénit, les lanceurs d'alerte, qui totalise à ce jour 170 000 vues sur Internet.

L'association a aussi lancé une pétition pour le retrait immédiat des SDHI qui compte plus de 360 000 signatures et sera remise aux autorités dans les semaines qui viennent. 

En juin 2019, l'association s’est aussi associée à plusieurs chercheurs pour déposer une pétition au Parlement européen exigeant une réévaluation d’urgence des SDHI : le Bureau des pétitions doit désormais valider la conformité de cette requête officielle avant de la soumettre au vote du Parlement.

POUR UNE SCIENCE INDÉPENDANTE
Grâce au soutien financier de ses donateurs, POLLINIS a pu également commanditer des études indépendantes, en partenariat avec l’Inserm et l’Université de Bologne en Italie, afin de mesurer l’impact réel des fongicides SDHI sur les abeilles, les pollinisateurs sauvages et la santé. Les premiers résultats de ces études, sidérants,  seront publiés d'ici la fin de l’année.  

Merci, merci de dénoncer ces dérives ! Vous avez beaucoup de courage, ça fait du bien de voir qu'il y a encore des personnes responsables et consciencieuses.
Céline K. (Facebook)

PROJET ANTI-FRELON ASIATIQUE

Les prototypes de POLLINIS en voie d'expérimentation à grande échelle

GRÂCE À VOUS

 

Journaliste scientifique, Valérie a rejoint les rangs de l’association en juin en tant que responsable des projets éditoriaux. « Méconnus, souvent considérés comme nuisibles, les insectes sont pourtant des éléments indispensables de nos écosystèmes, notamment les pollinisateurs. Ils sont gravement menacés par l’agriculture intensive et les pesticides. Je suis heureuse de participer au quotidien aux combats de POLLINIS et de nos sympathisants pour tenter de les sauver. »

Le 27 juin, aux côtés de 35 autres associations et médias, POLLINIS intervenait devant la justice administrative dans le cadre de l’affaire opposant le journal Le Monde à la Commission d’accès aux documents administratifs (Cada).
Moins d'un an après l’adoption de la loi 
« Secret des affaires », et alors qu’elle ne devait pas s’appliquer à la presse, Le Monde se voyait refuser l’accès à la liste des dispositifs médicaux ayant reçu le marquage CE, liste pourtant nécessaire à son enquête démontrant la dangerosité de certains implants médicaux. « De la même manière, nous nous heurtons au secret des affaires qui protège les données fournies par les fabricants de pesticides », rappelait à cette occasion notre délégué général.

Détruire un nid de frelons asiatiques sans chimie, c’est possible ! La 4e génération de prototypes développés par POLLINIS injecte de la vapeur d’eau dans le nid pour échauder les frelons adultes et leurs larves. 

« Les tests en laboratoire se sont révélés très prometteurs, se félicite Hacène Hebbar, à la tête de ce projet chez POLLINIS. Nous avons commencé à expérimenter plusieurs variantes du dispositif sur le terrain en septembre et nous attendons avec une grande impatience les retours d’autres interventions qui seront réalisées par nos bêta-testeurs volontaires pour dégager les meilleures pratiques. » 

ÉVITER DES NUAGES TOXIQUES
Cette solution propre utilisant la vapeur d’eau est une initiative unique au monde et elle suscite l’intérêt de nombreux acteurs : des désinsectiseurs, qui s’inquiètent des

INFORMER LES CITOYENS

Nos combats dans les médias

► Ces derniers mois, EuractivL’ObsLe Journal de l’EnvironnementLes Jours et, à plusieurs reprises, Le Monde ont relayé le combat de POLLINIS contre les pesticides et souligné son rôle dans le veto récemment imposé par le Parlement européen à la Commission (lire ci-dessus).

Stéphane Foucart, journaliste au Monde, spécialiste de ce sujet, publiait également le 29 août le livre Et le monde devint silencieux (éditions du Seuil) dans lequel il cite Nicolas Laarman, délégué général de POLLINIS. 

conséquences sur leur santé des insecticides chimiques qu’ils utilisent aujourd’hui, des   collectivités locales qui souhaitent éliminer les nids sans déverser dans leurs parcs et jardins des nuages de produits toxiques, et de citoyens soucieux de protéger les abeilles sans nuire à l’environnement ni à la santé humaine ou animale. 

GÉOLOCALISER LES NIDS 
DE FRELONS ASIATIQUES
En parallèle, POLLINIS a commencé le développement d’une application pour téléphone mobile permettant de signaler avec précision – coordonnées GPS et photos à l’appui – la présence de nids de frelons asiatiques. Ces informations pourront être envoyées à un désinsectiseur ainsi qu’au Muséum national d’Histoire naturelle
 qui est intéressé car en charge du suivi des populations de frelons asiatiques.

Le 23 octobre dernier, les eurodéputés réunis en séance plénière ont décidé de s’opposer au projet de règlement de la Commission européenne qui cherchait à limiter l'application des « tests abeilles », ces protocoles indispensables pour pourvoir déterminer enfin la toxicité réelle des pesticides sur les pollinisateurs avant leur mise sur le marché. « Les députés européens ont pris la mesure du scandale qui se joue autour de l’homologation des pesticides, se réjouit Nicolas Laarman, délégué général de POLLINIS. C'est l'avenir du vivant et le processus démocratique européen qui sont en jeu ».

LES LOBBYS ENTRE 
OPACITÉ ET SABOTAGE
 
Pour rappel, les « tests abeilles » ont été établis par l'autorité sanitaire européenne (EFSA) en 2013 afin de pallier les graves et nombreuses lacunes du système actuel d'homologation qui permet que des pesticides qui déciment les insectes comme les abeilles et les pollinisateurs sauvages soient homologués.
Depuis six ans, avec la complicité de certains États membres et de la Commission européenne, l’agrochimie essaie de bloquer dans l'opacité la plus totale la mise en œuvre de ces protocoles capables d'enrayer le déclin des pollinisateurs. 

UNE PREMIÈRE VICTOIRE ! 
En juillet dernier, le SCoPAFF, un comité réunissant la Commission européenne et les États membres, a ainsi voté un texte accédant aux demandes de l'industrie agrochimique, qui renvoie aux calendes grecques des tests-clés qui permettraient d’évaluer par exemple la toxicité  chronique

CONTRE-LOBBYING

Néonics cachés : consultation publique

Lors de la consultation publique qui a pris fin le 4 octobre dernier, POLLINIS a exhorté le gouvernement français à ne pas céder aux pressions de l’agrochimie et à appliquer sans réserve le projet de décret sur les pesticides présentant des modes d’actions identiques à ceux des néonicotinoïdes. 

L'enjeu ? Veiller à ce que que le sulfoxaflor et la flupyradifurone soient interdits. Ces deux molécules avaient été habilement classées dans une catégorie différente des néonicotinoïdes au moment précis où l'interdiction de ces derniers commençait à être envisagée par les autorités. Cette classification opportune – par et pour l’agrochimie – est contestée par les chercheurs indépendants.

PARTICIPATION RECORD
POLLINIS, qui sait que l’industrie agrochimique menace de procès la France en cas d’interdiction élargie, a aussi mené campagne afin que ses sympathisants puissent s’exprimer sur ce sujet. Résultat : sur le site du ministère de la Transition écologique et solidaire, la page dédiée a enregistré plus de 10 000 commentaires !

► Les députés européens ont pris la mesure du scandale qui se joue autour de l’homologation des pesticides : leur véto ouvre la voie d'une réelle protection des pollinisateurs face à ces poisons.
©Philetdom / AdobeStock

des pesticides, et leur impact sur les larves, les abeilles sauvages et les bourdons... C’est à ce texte scandaleux que les députés européens viennent de s’opposer. 

POLLINIS exige désormais l’adoption immédiate et intégrale des lignes directrices de l'EFSA de 2013, et demande que la lumière soit faite sur les tractations du SCoPAFF. En mai 2019, la Médiatrice européenne a donné raison à notre association qui l’avait saisie pour dénoncer le refus de la Commission de lui octroyer l'accès aux documents indiquant la position des États membres sur les « tests abeilles ». Après avoir demandé deux reports, la Commission devait nous communiquer ces documents avant  le 31 octobre . Mais à ce jour, nous n'avons rien reçu...

Le 24 janvier dernier, les représentants des Ministres de l'Agriculture des 28 pays européens, réunis au sein d'un obscur comité technique, le SCoPAFF, le "Comité permanent des plantes, des animaux, des  denrées alimentaires et des aliments pour animaux", ont décidé d'enterrer cette réforme vitale qui permettrait d'enrayer très efficacement et rapidement l'extinction des pollinisateurs, des insectes et de la biodiversité dans tous les pays européens. 

Dans une Union Européenne qui affirme dans ses règlements (EC 1107/2009) que les produits utilisés dans les champs « ne devraient pas avoir d'effet nocif sur la santé humaine ou animale ni d'effet inacceptable sur l'environnement », cette volte-face est un véri-table scandale, qui pousse POLLINIS et ses 80 ONG partenaires réunies dans la Bee coalition à engager une riposte de grande ampleur. Elle passe tout d'abord par le Parlement européen : 105 parlementaires issus de 8 groupes politiques ont été mobilisés par l'association pour exprimer officiellement à la Commission leur détermination à voir s'appliquer dans leur intégralité les « tests abeilles » de l'EFSA. 

► Hacène Hebbar, coordinateur des projets chez POLLINIS, expérimente sur le terrain un des prototypes développé par notre association pour lutter, sans produit toxique, contre les nids de frelons asiatiques. ©POLLINIS

Titulaire d’un master en droit international et européen, et de retour d’un tour du monde d’un an et demi, Léa a posé son sac à dos chez POLLINIS pour six mois : « Je reprends mes études de droit et je voulais faire un stage dans une ONG qui agit pour la préservation de la biodiversité. Les combats de POLLINIS résonnaient avec mes motivations personnelles. En participant aux actions de plaidoyer, et à l'appui de projets concrets, j'ai la chance d'appréhender l'importance du travail associatif, tel que fourni par POLLINIS. »


C'est une chance de pouvoir trouver des gens comme vous. Vous pouvez compter sur moi, notamment pour essayer d'alerter le maximum de personnes en les incitant à réagir et à vous soutenir, notamment en partageant vos pétitions.
Bruno V. (Facebook)

Petit mail d'encouragement à toute l'équipe de Pollinis, pour tout votre travail de lobbying, de lanceurs d'alerte et de vulgarisation aussi pour expliquer les enjeux et surtout le suivi des affaires législatives et le vocabulaire scientifique... Même une néophyte en droit français et européen et en chimie comprend.
Audrey N. (e-mail)

POLLINIS face à l’agrochimie dans le groupe de travail de l’EFSA

En août 2019, POLLINIS a été sélectionnée par l’Agence sanitaire européenne (EFSA) pour faire partie du comité consultatif sur les « tests abeilles ». Pendant deux ans, au côté de deux autres ONG, notre petite équipe va se battre point par point contre six représentants de l’agro-industrie et de l’agrochimie. Sur-représentés, ces experts à la solde des firmes vont tenter d’affaiblir les protocoles censés permettre d’évaluer vraiment la toxicité des pesticides sur les abeilles et les pollinisateurs sauvages.

► La pétition de POLLINIS pour un retrait immédiat des pesticides SDHI doit atteindre 400 000 signatures dans les semaines qui viennent et sera bientôt remise officiellement aux autorités.  
©POLLINIS 2019

► L'agrochimie menace le gouvernement de procès s'il interdit les néonics cachés.
©jonnycana / AdobeStock

► Cinq jours après sa mise en ligne, notre pétition avait déjà dépassé les 100 000 signatures. Mais il en faudra beaucoup plus pour faire plier la Commission européenne et imposer enfin de vrais « tests abeilles ». Mobilisons-nous pour mettre fin au massacre autorisé des pollinisateurs ! 

► L’entomologiste Jeffery Pettis, au centre, réalisait un premier examen des abeilles de l’île de Groix en mai. Grâce à POLLINIS et ses sympathisants, il étudie la grande robustesse des abeilles locales face au parasite varroa. ©Joann Sy / POLLINIS

Beaucoup d’apiculteurs et de scientifiques s’accordent à dire qu’un taux d’infection par le varroa supérieur à 5 % condamne un colonie d’abeilles à mourir. Mais sur l’île de Groix, le spécialiste mondial du comportement des abeilles, Jeffery Pettis, a observé des taux d’infection supérieurs (jusqu’à plus de 8 %) dans des colonies très actives. 

Lors des deux premières visites nécessaires à son travail commandité par POLLINIS, en mai et en septembre, il a vu des ruches aux cadres couverts d’abeilles adultes et des couvains remplis de larves. Ces premières constatations confirment l’hypothèse émise par le chercheur et que POLLINIS  souhaitait 

11 400 spécimens collectés, 324 espèces identifiées, 25 lycées agricoles impliqués : les chiffres du programme Apiformes font chaud au cœur. Ce programme, lancé en 2007 par l’unité Abeille et Environnement de Institut national de la recherche agronomique (Inra) , était en passe d’être abandonné avant que POLLINIS, grâce à ses donateurs, puisse garantir sa poursuite. 
Son but est de connaître et de cartographier les populations d’abeilles sauvages sur le territoire français. Moins connues que leurs cousines domestiques, les abeilles sauvages sont pourtant des chaînons-clés de la pollinisation. Les bourdons, abeilles solitaires, halictes, mégachiles et autres xylocopes contribuent à polliniser plus de 80 % des plantes à fleurs. 

CONNAîTRE LES ABEILLES SAUVAGES
Or, seuls quelques spécialistes très pointus sont capables de distinguer le millier d'espèces présentes sur le territoire français. Et ces chercheurs ne sont pas assez nombreux pour parcourir l’hexagone à la poursuite de spécimens.

SAUVER LES ABEILLES LOCALES

 

NOS ACTIONS

324 espèces d'abeilles sauvages identifiées grâce à vous

Dès 2013, POLLINIS volait au secours du programme Apiformes. Une action qui porte ses fruits : la cartographie de la présence des abeilles sauvages sur le territoire français s’enrichit, les raisons de leur déclin sont mieux connues et les futurs agriculteurs sont sensibilisés à l’importance de ces discrets pollinisateurs.

POLLINIS a mandaté le célèbre entomologiste américain Jeffery Pettis pour étudier la santé des abeilles de l’île de Groix et observer notamment comment elles cohabitent avec un redoutable parasite, Varroa destructor. L’abeille de Groix, un écotype local d’abeille noire, a la réputation d’être particulièrement résiliente. Les résultats préliminaires des deux premières phases de cette étude semblent le confirmer, et confortent la nécessité, revendiquée par POLLINIS, de protéger les abeilles locales.

Premiers résultats prometteurs pour l'étude de POLLINIS sur la cohabitation abeille noire-parasite

« Si vous laissez le varroa avoir un impact et sélectionner les colonies les plus fortes, alors les abeilles et les acariens vont s’adapter l’un à l’autre, explique Jeffery Pettis. On estime que ça peut se faire en 3 à 10 ans ; et c’est ce qui semble se passer à Groix. C’est un phénomène que l'on ne trouve qu'ici et dans quelques autres endroits du monde »

IMPORTATIONS D'ABEILLES ET
PERTE DES QUALITÉS D'ADAPTATION
Car sur le continent, en revanche, les abeilles subissent de plein fouet les méfaits d’une agriculture intensive : monocultures, disparition des fleurs sauvages, pesticides... Pour faire face à l’effondrement de leurs colonies, un grand nombre d’apiculteurs importent alors massivement des reines d’Europe du Sud, de l’Est ou même d’Argentine et d’Australie. 

L’abeille noire, Apis mellifera mellifera, naturellement présente en Europe de l’Ouest et du Nord depuis 1 million d’années, est menacée par les hybridations qui en résultent. Sans mesures de protection, elle pourrait avoir disparu d’ici 15 ans, alertent les scientifiques. Et avec elle, disparaîtraient alors ses qualités d’adaptation exceptionnelles à un environnement changeant. 

Jeffery Pettis reviendra au printemps prochain, pour finaliser une année complète d’étude des abeilles de l’île de Groix. Ses résultats pourraient constituer un argument majeur pour obtenir une protection juridique des conservatoires d’abeilles locales, et en particulier celui de Groix.

Arthropologia, association naturaliste basée à Lyon, avait organisé ces 2e Assises nationales des pollinisateurs pour lutter contre « l’effondrement insoutenable de la biodiversité », selon les mots d’Hugues Mouret, son directeur scientifique. POLLINIS avait naturellement répondu présent à l’invitation. Une série de conférences a d'abord permis de rappeler que 90 % des papillons sont nocturnes et que 70 % des abeilles sont terricoles (vivent dans le sol) mais aussi que 25,8 % des espèces de bourdons sont menacées. Ensuite, pendant deux jours, notre association et les autres participants ont multiplié les idées, identifié des freins, imaginé des leviers d’action à mettre en œuvre pour venir en aide aux insectes pollinisateurs, indispensables à l’équilibre des milieux naturels comme à la pollinisation des cultures et donc à notre sécurité alimentaire. 

ENFIN UN VÉRITABLE PLAN DE TRANSITION AGRICOLE ?
Améliorer les connaissances, sensibiliser le public, former les professionnels, mobiliser les pouvoirs publics, recréer des habitats favorables à ces insectes... Près de 30 propositions concrètes ont été élaborées, avec des plans d’application détaillés. Reste à savoir si le ministère en charge de l’environnement, à la tête du Plan national d’actions « France, terre de pollinisateurs », s’en saisira... et s'il proposera enfin un véritable plan de transition agricole mettant fin à l'usage des pesticides de synthèse.

POLLINIS était présente à Lyon fin septembre pour travailler avec tous les acteurs nationaux spécialistes de la protection des pollinisateurs.

Pour leur venir en aide, Apiformes s’appuie donc sur l’aide de lycées agricoles. Leurs étudiants se rendent sur le terrain pour collecter des échantillons avec des enseignants spécialement formés pour déterminer le genre des abeilles sauvages. Ils peuvent ensuite envoyer les échantillons collectés aux meilleurs experts français ou européens capables de préciser l’espèce à laquelle ils appartiennent. 

Grâce au réseau Apiformes, les scientifiques ont aussi pu mettre en évidence le fait que plus les pratiques agricoles étaient diversifiées, plus la biodiversité d’abeilles sauvages augmentait. Et inversement, plus elles étaient intensives et moins on rencontrait de variétés d’abeilles et de sites de nidification à la surface des terrains. 
Apiformes permet de combler un vide scientifique tout en sensibilisant les futurs agriculteurs et techniciens agricoles à la diversité, la fragilité et la préciosité de cette faune minuscule et jusqu’ici largement ignorée.

ESSAIMER

Aux  Assises des pollinisateurs

démontrer scientifiquement : les colonies d’abeilles locales, adaptées à leur environnement, ont les capacités nécessaires pour affronter des aléas comme un hiver rude, un printemps pauvre en ressources florales ou une infection par un parasite comme le varroa. 

APICULTURE DARWINIENNE POUR DES ABEILLES PLUS FORTES
Mais deux conditions doivent être réunies : les abeilles doivent être préservées de menaces trop fortes comme les pesticides, et les apiculteurs doivent les laisser répondre à leur environnement, sans maintenir en vie artificiellement des colonies trop faibles. 

Il y a urgence pour Apis mellifera mellifera. Selon les scientifiques, l'abeille locale européenne pourrait avoir totalement disparu d'ici 15 ans. L'intensification de l'agriculture, l'érosion accélérée de la flore et de la biodiversité, l'invasion des parasites et des agents infectieux alors que le système immunitaire des abeilles est déjà affaibli par les pesticides... Tout cela met à mal les colonies de ces butineuses, qui sont de surcroît confrontées au danger croissant de l'hybridation. Car pour faire face à la mortalité massive de leurs colonies, un grand nombre d'apiculteurs ont recours à des reines importées (de Grèce, de Malte mais aussi du Chili, d'Argentine, d'Australie, de Chine...) qui arrivent fragilisées et apportent avec elles un patrimoine génétique façonné par d'autres climats, d'autres saisons, d'autres fleurs... Moins adaptées, ces abeilles sont chaque jour plus dépendantes de l'intervention humaine pour survivre. Une situation qui confine à l'absurde : aujourd'hui en France, la consommation de sucre pour nourrir les abeilles dépasse le poids de la récolte de miel !

Mais surtout, cette hybridation met dramatiquement à mal le patrimoine génétique irremplaçable qui a permis à ces abeilles locales de survivre pendant des milliers d'années dans les conditions les plus extrêmes. Et comme une reine abeille peut être fécondée dans la nature par au moins 15 ou 20 mâles durant un vol nuptial, cette hybridation artificielle s'accélère à une vitesse extraordinaire : de 5 % d'abeilles hybridées en 2007, on atteint désormais les 80 % dans certaines régions !  

Protection juridique des abeilles locales :
agir maintenant pour pousser
notre avantage

« Plusieurs études scientifiques montrent que les tests réglementaires requis sont insuffisants pour évaluer les substances actives SDHI » : voici, en substance, ce qu'affirme la pétition que vient d'adresser au Parlement européen POLLINIS. L'association s'est associée dans cette démarche aux chercheurs de l'Inserm qui avaient lancé l'alerte fin 2017 dans la presse sur ces fongicides massivement utilisés dans les cultures de céréales (70 % des cultures traitées de blé tendre) mais aussi de fruits et de légumes. Cette pétition dresse la liste des manquements du système d'homologation actuel qui a conclu à une « absence de risque » pour ces fongicides pourtant mis en cause dans des épisodes de mortalité massive d’abeilles et classés comme « probablement cancérigènes » par l'EPA, agence sanitaire américaine. Et la liste des lacunes est aussi longue qu'inquiétante : absence de tests de toxicité chronique et de tests d’accumulation, absence de tests sur les effets sublétaux et les effets synergiques entre différentes substances, absence de tests sur des pollinisateurs autres que les abeilles domestiques, non prise en compte des potentiels effets perturbateurs endocriniens, insuffisance des études des phénomènes d’accumulation...

POLLINIS, c'est vous ! 
Sans votre soutien nous ne pourrions pas lutter à Bruxelles et à Paris pour enrayer la disparition des abeilles et de tous les pollinisateurs ; nous ne pourrions pas faire pression sur les responsables politiques pour faire entendre la voix des citoyens, et peser dans la balance face aux intérêts des firmes agrochimiques ; nous ne pourrions

pas utiliser contre eux les propres armes des lobbyistes, en passant au crible la réglementation européenne ou en commandant des études scientifiques ; nous n'aurions pas les moyens d'alerter le public et de monter des dossiers de contre-lobbying citoyen pour aller défendre l'intérêt général au cœur des institutions.


Pour mener tous ces combats de front, 
nous avons besoin de votre aide.

► JE FAIS UN DON

faire connaître et promouvoir les fermes qui ont déjà réussi à produire avec de bons rendements sans aucun pesticide, pour accélérer la transition vers une agriculture respectueuse de la nature et des pollinisateurs dont elle dépend ;

alerter et mobiliser le plus grand nombre possible de citoyens au déclin massif des pollinisateurs sauvages, et convaincre les responsables politiques de l'impérieuse nécessité de les protéger ;

► protéger l'abeille noire (Apis mellifera mellifera) et les autres races d'abeilles locales en voie de disparition, et soutenir juridiquement et financièrement le travail indispensable des conservatoires d'abeilles en France, et ailleurs en Europe.

Dans les mois qui viennent, grâce à votre engagement et votre soutien financier, POLLINIS va pouvoir se battre sur plusieurs fronts 
pour sauver les pollinisateurs :

Un 4e néonic interdit en Europe !

NOS COMBATS

Les citoyens peuvent se réjouir : après six ans de combat, l’Union européenne va interdire un quatrième tueur d'abeilles. Reste à obtenir une vraie réforme du système qui permet à ces poisons d'être homologués.

Les pays de l’Union européenne ont voté le 22 octobre l’interdiction d’un quatrième néonicotinoïde à partir d’avril 2020 : le thiaclopride. Trois néonicotinoïdes ont déjà été partiellement interdits l’année dernière.

« C’est une bonne chose mais le système qui a permis à ces tueurs d’être mis sur le marché est toujours en place, nuance Nicolas Laarman, délégué général de POLLINIS, dont la pétition historique pour l’interdiction de ces tueurs d’abeilles à réuni plus d’1,3 million de signatures. Des substances nocives pour l’ensemble du vivant, continuent d’être autorisées et renouvelées ».

En janvier dernier, un avis de l’agence sanitaire européenne établissait que cette molécule de Bayer-Monsanto, était un perturbateur endocrinien probable. On savait déjà qu’elle était un cancérogène probable, toxique pour les pollinisateurs, et que les études actuelles ne permettaient pas d’évaluer les risques qu'elle fait peser sur les oiseaux, les mammifères, ou les organismes aquatiques… 
Pour remédier à un système d’homologation obsolète et miné par les conflits d’intérêts, POLLINIS réclame l’adoption immédiate de la totalité des « tests abeilles » (voir page 1).

Après plusieurs années de recherche et de développement d’une solution non toxique pour neutraliser les nids de frelons, les derniers choix technologiques opérés par POLLINIS semblent être les bons : ils conjuguent efficacité, sécurité, simplicité d’utilisation et écologie.  

Merci pour votre soutien

► Merci, Mei, pour cette ravissante broderie sur « l'urgence du combat » reçue par courrier.

► Bernard GT., merci pour vos photos reçues par mail : elles vont nous être utiles !

POLLINIS existe grâce à vous, tous ces combats, nous les menons grâce à vos dons et votre soutien. 

Un premier spécimen de cette Anthidium Florentinum a été repéré par le programme Apiformes, dans le Rhône. Espérons que les prochaines campagnes de terrain permettront de le retrouver ailleurs sur le territoire. ©L. Guilbaud pour Apiformes

► Nicolas Laarman en plein atelier de travail sur la sauvegarde des pollinisateurs dans les milieux naturels, à Lyon. 

► Le 27 août, Le Monde publiait un dossier retraçant les dernières années de combat menées au niveau européen pour un meilleur contrôle des pesticides.

► Le 16 juillet, le magazine La Vie consacrait un article aux menaces qui pèsent sur les abeilles et aux moyens de les protéger, relevant l'engagement de POLLINIS dans ce domaine. 

► Le magazine Goodplanet Info et le site Bioaddict.fr mettaient quant à eux en avant le travail de notre association sur les SDHI.